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n° 629 : 2008/4/1
 
Voyage : A LA RENCONTRE D'UN TÔHOKU MAGIQUE ET ENVOÛTANT(2/2)

Inutile de prendre des risques. L'eau ne manque pas dans la région. Qui plus est, elle est chaude. Dans les très nombreuses stations thermales (onsen), on peut une fois encore profiter des bienfaits de la nature. Le Tôhoku semble avoir été façonné pour le voyageur. A chaque étape, celui-ci a la possibilité de s'arrêter dans l'un des nombreux hôtels thermaux que les Japonais fréquentent avec assiduité. Et pour cause. Chacun d'entre eux a sa personnalité. Outre les bains, sources de réconfort après une journée de découvertes, ils proposent des spécialités culinaires pour le moins renversantes et pour lesquelles certains sont prêts à faire des centaines de kilomètres. Le Shinzan-nabe, littéralement "le ragoût du fin fond de la montagne", un ragoût de faisan, en fait partie. Après le bain, tous ces mets réveillent nos papilles et annoncent de nouvelles aventures gustatives faites de poisson évidemment. Le Tôhoku est un pays de montagne, mais c'est aussi un pays de mer. Les sushi et autres sashimi qui égrènent nos repas nous le rappellent sans cesse tout comme l'embarcation que nous empruntons depuis le port de Shiogama. A l'instar de Bashô qui se rendit à Matsushima en bateau, nous cinglons droit dans la baie de Matsushima où plus de 200 îlots aux formes étranges et couverts de pins offrent un spectacle d'une beauté saisissante. Sur l'un d'entre eux, le petit temple de Godai-dô domine la mer. Erigé au IXème siècle, il renferme cinq statues que l'on ne peut voir que tous les 33 ans. Nouveau mystère. Pour l'éclaircir, il faudra revenir en 2039, date de la prochaine ouverture au public. En attendant, Matsushima ne manque pas de lieux sacrés : le magnifique temple zen Zuigan-ji succède à Entsû-in, Yotoku-in ou encore Tenrin-in. Surnommée la "ville temple", Matsushima n'a pas volé sa réputation. Après la nature, c'est le génie de l'homme et sa capacité à façonner la matière qui nous imposent le respect.

Matsushima ya 松島や
Aa Matsushima ya ああ 松島や
Matsushima ya 松島や
Matsushima !
Ô Matsushima
Matsushima !

On reste en effet sans voix devant la dextérité des artisans du Tôhoku qui, d'un simple morceau de bois cylindrique, ont créé les kokeshi. Ces poupées de bois produites depuis le XIXème siècle représentent des femmes stylisées. Peintes à la main avec finesse, elles sont la quintessence du Tôhoku. Elles portent, dit-on, bonheur et éloignent le mauvais sort. Et même si Bashô n'a pas connu les kokeshi, nul doute qu'il a trouvé dans le Tôhoku le bonheur et l'inspiration qu'il lui ont permis de composer ses meilleurs poèmes. Et pour nous autres simples voyageurs, il ne nous reste plus qu'à poursuivre notre chemin à la découverte des secrets du Tôhoku.


Omoshiro ya おもしろや
Kotoshi no haru mo 今年の春も
Tabi no sora 旅の空

Cela me fait sourire
Un printemps à nouveau
Sous le ciel du voyage

Jean-Etienne Portail

Les poèmes de Bashô publiés dans cet article sont extraits de Jours de printemps, trad. par Alain Kervern, éd. Arfuyen, 1988.

Le cratère du Mont Zaô dans la préfecture de Yamagata et son lac aux cinq couleurs.


Travail de précision pour cette femme qui applique la couleur sur
les kokeshi, ces poupées de bois symboles du Tôhoku.

La brume dans les arbres à l'approche du sommet du Mont Zaô.
Une atmosphère fantastique règne dans cette région.

PRATIQUE

S'y rendre
Il n'y a pas de vols directs entre Paris et Sendai. Il faut donc transiter par Tokyo, Nagoya ou Osaka et emprunter les lignes intérieures. Mais le Japon est avant tout le pays du train. Voyager par le rail est un pur plaisir. Avant de partir, pensez à vous munir du fameux Japan Rail Pass vendu entre 28 300 yens et 57 700 yens selon la durée. Celui-ci vous permet d'emprunter ensuite gratuitement les principales lignes de chemin de fer et donc de parcourir le Tôhoku. Si vous ne souhaitez vous rendre que dans cette région, il existe le JR East Rail Pass moins cher (de 20 000 yens à 32 000 yens selon la durée).

Y séjourner
Les hôtels comme les restaurants ne manquent pas dans cette partie du Japon. Ce serait faire injure aux hôteliers et aux restaurateurs que de désigner tel ou tel plus qu'un autre tant la qualité de l'accueil et de la nourriture est à faire pâlir la plupart de nos champions français. Néanmoins, ceux qui feront une halte à Matsushima serait bien inspiré de goûter la spécialité locale de quenelles de poisson (sasa kamaboko) ou de brochettes de calamar. Et puis, n'hésitez jamais à vous arrêter dans l'une des très nombreuses stations thermales de la région comme Naruko onsen. Vous comprendrez alors peut-être l'importance du bain pour les Japonais.

Y voir
A Sendai, le sanctuaire Osaki-Hachiman-gû est l'un des trésors nationaux du Japon. Construit en 1100 et transféré à son emplacement actuel par Date Masamune (1567-1636), le grand seigneur du nord, c'est un très bel exemple du style Momoyama. Au nord de la ville, il y a bien sûr Matsushima. En poussant un peu plus haut, on découvrira le parc national de Rikuchu Kaigan, un des plus beaux décors marins du pays, qui s'étend sur 200 kilomètres. A l'intérieur des terres, les paysages volcaniques et montagneux sont de merveilleux endroits à parcourir comme le parc national Towada-Hachimantai ou celui de Bandai-Asahi.








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