A Propos ニュース解説 On en parle ニュース Profil 話題の人
Balade 散策 Comment ca va インタビュー Societe 社会科 Enfant 子供 Corps からだ Decor インテリア Hexaponais アンケート Mode モード Sport スポーツ Flash パリのイベント情報 Infos Pratiques 生活情報
Art /Expos アート Cinema 映画 Musique 音楽 Theatre 演劇
Plat du jour レシピ・料理 Restos レストラン
質問掲示板 討論・意見交換版 登録型BBS
Dossiers du mois /Actualites Japoscope Clic Clac Rencontres
Cinema/Musique Japonais illustre Lecture Cuisine Japonaise
Chez toi お宅訪問 Lyceens 高校生 Lettres de lecteur 読者から Detour musical プレイスポット Livres 本 Medias メディア Quartier まちの風景
 
Photojournalisme
L'union peut-elle faire la force de la presse ?
Comme dans bon nombre d'autres pays, la presse japonaise donne des signes de faiblesse. Une situation à laquelle les éditeurs tentent de répondre avec plus ou moins de réussite.

Si vous avez un jour l'occasion de rencontrer Hirokawa Ryûichi, le patron de Days Japan, (profitez-en, il sera à Espace Japon le 15 février), il vous entretiendra des difficultés que les photoreporters rencontrent dans leur travail, mais aussi et surtout peut-être dans la diffusion de leurs clichés. La crise de la presse touche tout le monde y compris les photojournalistes qui ont bien du mal à trouver des supports prêts à publier et à payer leurs reportages. En France, Le Monde, Les Echos, La Tribune ou encore Libération, pour ne citer que les plus connus, ont connu de nombreux soubresauts ces derniers temps. Ils perdent des lecteurs, la publicité se fait rare et ils doivent faire des économies pour ne pas disparaître à l'image du plus ancien hebdomadaire australien The Bulletin, dont on a appris, le 23 janvier, qu'il mettait la clé sous la porte après 128 années d'existence. Les cas français et australiens ne sont pas isolés. Partout dans le monde, à l'exception peut-être des pays dit émergents, les journaux sont confrontés à une baisse de leur diffusion et de leurs recettes publicitaires. Cela vaut aussi pour la presse nippone qui, malgré des millions d'exemplaires encore distribués quotidiennement, se sent menacée et tente de réagir. Certes les chiffres de diffusion des quotidiens japonais pourraient faire pâlir les directeurs de nombreux confrères étrangers puisque le Yomiuri Shimbun (13,8 millions d'exemplaires par jour en 2007), l'Asahi Shimbun (11,6 millions) et le Nihon Keizai Shimbun (4,6 millions) restent multimillionnaires en termes de lecteurs. Il n'empêche que l'inquiétude est palpable dans les rédactions et au sein des directions de ces journaux. Ils observent avec attention ce qui se passe ailleurs dans le monde, comment les journaux étrangers réagissent et s'adaptent bon an mal an à la concurrence de la presse gratuite et d'Internet considérés comme les deux principaux coupables de la situation actuelle. Les journaux japonais n'ont, pour l'instant, pas à subir les affres des quotidiens gratuits. Les Métro et autres équivalents de 20 minutes n'ont pas réussi à s'implanter sur le territoire japonais. En revanche, Internet constitue un grand défi pour les journaux nippons qui ont eu bien du mal à se positionner par rapport à ce nouveau support. La plupart d'entre eux sont restés prudents, hésitant à y investir pour attirer les lecteurs (les plus jeunes) qui sont de plus en plus nombreux à surfer sur le Net avec leur téléphone portable. Malgré un système de portage à domicile grâce auquel près de 94 % des journaux sont distribués dans l'Archipel, les Japonais lisent de moins en moins sur le papier (1,01 journal par foyer en 2007 contre 1,18 en 1997) et préfèrent s'informer sur la Toile, notamment sur les portails comme Google et Yahoo! Japan. Devant ce constat, les trois principaux quotidiens (Asahi, Nikkei et Yomiuri) ont décidé de sceller une alliance sur Internet et de fonder un site commun d'information qui devrait leur permettre de drainer un lectorat en ligne qui jusque-là avait tendance à les éviter. Le site qui devait être lancé en janvier 2008 a suscité de nombreux commentaires parfois amusés mais surtout désabusés puisque bon nombre d'observateurs estiment que ce front commun constitué avec les frères ennemis que sont l'Asahi et le Yomiuri n'est pas viable. L'effet d'annonce ne résistera pas à l'absence de cohérence du projet, dit-on. Comme leurs confrères étrangers, les journaux japonais sont entrés dans une logique de réduction des coûts, laquelle risque de se traduire par une baisse des effectifs chez les journalistes et une diminution sensible du nombre de reportages car ceux-ci coûtent cher à réaliser. Cela signifie que l'espace déjà réduit que l'on accorde au photojournalisme va encore diminuer. Voilà pourquoi il faut soutenir la presse et les initiatives semblables à celles de M. Hirokawa. Sans elles, nous finirons noyés sous les propagandes. L'histoire est là pour nous rappeler que nous n'avons rien à y gagner.
Claude Leblanc

Les patrons des trois principaux quotidiens (de gauche à droite Asahi, Nikkei et Yomiuri) s'allient sur Internet

Dans les kiosques
Depuis 2004, le mensuel Days Japan propose aux lecteurs japonais un regard sur l'actualité qui tranche avec celui que les autres médias nippons offrent dans leurs colonnes. Les réalités qu'il rapporte suscitent souvent l'indignation et contribuent à alimenter notre réflexion sur le monde qui nous entoure et à nous interroger sur le travail des journalistes. Le bimestriel Hôsô Repôto analyse en profondeur le monde de l'audiovisuel au Japon, mettant l'accent sur les dérives de certaines chaînes qui oublient l'information au profit du sensationnel. Edité par le Media Sôgô Kenkyûjo (Media Research Institute), il est moins connu que le mensuel Tsukuru dont les articles très pertinents passent en revue la manière dont les médias japonais accomplissent leur œuvre.


Exposition
Hirokawa Ryûichi, rédacteur en chef de Days Japan, alerté par la crise que traverse le photojournalisme depuis le lancement de son mensuel, a créé un magazine où les photoreporters peuvent publier leurs clichés. Il a aussi mis sur pied le Grand prix international de photojournalisme Days qui permet à ces mêmes reporters d'images de toucher un public plus large. Conscient de l'importance de cette démarche, Espace Japon s'associe au mensuel et accueille dans ses locaux du 12 février au 29 mars 2008 les clichés récompensés lors de la troisième édition du Grand prix. Depuis sa création en 2005, le nombre de participants au Grand prix ne cesse d'augmenter. Pour l'édition 2007, quelque 6000 clichés en provenance de 55 pays ont été reçus. Parmi la variété des thèmes abordés, les clichés qui ont été retenus sont ceux qui, en définitive, se placent du côté des victimes comme en témoigne le travail de Chris Hondros qui a reçu le premier prix en 2007. La crise du photojournalisme, c'est la crise des médias. Même les photographes les plus capés ne disposent pas d'un lieu pour publier leurs clichés. Les médias actuels ont tendance à chercher à enjoliver les choses. L'exposition organisée à Espace Japon a à la fois pour objectif de montrer les remarquables clichés qui ont été récompensés et de faire prendre conscience de l'importance du photojournalisme dans un univers médiatique qui privilégie le superficiel.



Du 12 février au 29 mars 2008
Du mardi au vendredi de 13h à 19h
Samedi de 13h à 18h
Vernissage le 15 février à 17h en présence de Hirokawa Ryûichi suivi d'une conférence à 19h.
9 rue de la Fontaine au Roi 75011 Paris

Back | top