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Spécial Au pays des râmen
Histoire :
C'ÉTAIT BIEN LA PEINE D'EN FAIRE TOUT UN PLAT
Conscient de l'importance prise par la culture populaire dans les échanges commerciaux et dans la diffusion de l'image du pays, le gouvernement japonais redouble désormais d'efforts pour promouvoir les manga, la littérature, les dessins animés, mais aussi la cuisine. La mode des restaurants de poisson cru et de yakitori (brochettes de poulet) a conduit à la création de très nombreux pseudo restaurants japonais où la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Voilà pourquoi les autorités japonaises ont mis sur pied un Comité d'évaluation de la cuisine japonaise chargé de dresser une liste des établissements servant une cuisine japonaise "authentique". Celle-ci a été publiée début 2007, mais elle ne comporte aucun restaurant de râmen. On peut se demander s'il s'agît d'un oubli fâcheux ou du refus de considérer les râmen comme un plat "authentiquement" japonais. Il est vrai que les râmen ont été importées de Chine à la fin du XIXème siècle. Mais il faut aussi dire que les Japonais se sont appropriés ce plat et l'ont accommodé à leur façon, au point de créer un grand nombre de variantes locales. C'est à partir des années 1920 que se sont développées un peu partout dans les villes des échoppes de râmen. Leur faible coût séduit surtout les classes populaires qui peuvent ainsi se payer un repas solide. La plupart des restaurants s'implantent non loin des gares ou dans les galeries commerciales (shôtengai) des centres villes. Les râmen conquièrent l'ensemble de la population au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Dans le film d'Ozu Yasujirô, Le Goût du riz au thé vert (Ochazuke no aji), sorti en 1952, il y a une scène qui illustre parfaitement bien la découverte des râmen par une partie de la population plus habituée à d'autres mets. On voit une jeune femme qui met pour la première fois les pieds dans un restaurant de râmen et qui est initiée par un de ses amis. "C'est chaud", dit-elle en mettant à la bouche le bol rempli de bouillon. "C'est comme ça que c'est bon", lui rétorque-t-il simplement. Les gestes de la jeune femme un peu gauche dans sa façon de manger les râmen tranchent avec l'assurance du garçon visiblement à son aise dans cet endroit "bon et bon marché". Au cours des années suivantes, l'engouement pour les râmen se poursuit et se concrétise avec le lancement par Nisshin, en 1958, des premières nouilles instantanées (insutanto râmen) qui connaissent un succès immédiat. Lorsqu'en 1971, la même société propose ses cup noodle, les râmen deviennent la réponse japonaise à l'américain McDonald's qui s'implante la même année dans l'Archipel. Le film d'Itami Jûzô, Tampopo (1985) finit par donner ses lettres de noblesse à ce plat qui est devenu indissociable de la culture culinaire et populaire du Japon. Dommage que les responsables du Comité d'évaluation de la cuisine japonaise aient oublié ce détail lorsqu'ils ont rédigé leur guide.
Claude Leblanc
Dans les kiosks

Les amateurs de cinéma japonais connaissent sans doute Tora-san, trait d'union entre ce qu'était le Japon d'avant et un pays totalement engagé dans la course à la croissance. C'est en référence à ce personnage populaire incarné par Atsumi Kiyoshi que des amoureux des râmen ont lancé un mensuel éponyme, le premier magazine consacré aux nouilles dans l'Archipel. Tokyo Rahmen-ya SAN (M. le marchand de râmen à Tokyo) est une publication pleine d'informations pratiques et de reportages consacrés à ce seul met. Les nouveaux restaurants et les nouvelles tendances sont passés en revue avec un œil parfois très critique. Réalisé par des râmenophiles avertis, Tora-san est un vade-mecum que tout explorateur de la gastronomie nippone se doit d'avoir sur lui quand il se rend dans l'Archipel.

Champon râmen
Sel, légumes, calamars, viande de porc.
8,00E
HIGUMA
32bis rue Ste Anne 1er 01 4703 3859 7j/7
Chashu râmen
Shôyu, pousses de bambou, viande de porc.
8,00E
HIGUMA Palais Royal
163 rue Saint Honoré 1er 01 5862 4922 7j/7
Mabo râmen
Shôyu, tofu, viande hachée, poireaux.
8,50E
KINTARO
24 rue St. Augustin 2e 01 4742 1314 fermé dimanche
Ebi râmen
Sel, crevettes, légumes chinois.
10,00E
LAÏ LAÏ KEN
7 rue Ste Anne 1er 01 4015 9690 7j/7
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