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Notes de lecture : ETRANGES HISTOIRES
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Il est presque inutile de dire tout le bien que l'on pense de NonNonBâ de Mizuki Shigeru qui a obtenu le grand prix lors du Festival de la bande dessinée à Angoulême. Il s'agit d'un récit extraordinaire à bien des égards. Non seulement une grande partie du récit est liée à la description de yôkai, ces apparitions étranges qui viennent hanter le monde des vivants, mais Mizuki Shigeru a choisi de situer son histoire dans les années 1930, à une époque où le Japon oscille entre la guerre et la paix. Tout au long de l'histoire de Shigeru, principal personnage, et de l'inénarrable NonNonBâ, une grand-mère qui en connaît un rayon sur les monstres et autres fantômes japonais, l'auteur rappelle à ses lecteurs que le Japon s'apprêtait à se lancer dans un conflit dont l'issue serait forcément désastreuse. Pour illustrer ce destin tragique, Mizuki a choisi d'opposer deux bandes d'enfants qui vont se battre pour déterminer celle qui prendra l'ascendant sur l'autre. Shigeru, qui se prend d'abord au jeu, finit par comprendre que les batailles ne mènent à rien. Il se proclame donc pacifiste. Il a toutes les raisons de refuser le combat. Une grande partie des personnages secondaires de l'histoire, et surtout NonNonBâ, viennent lui rappeler que la vie est certes difficile (son père est souvent au chômage, une de ses amies meurt d'une maladie infectieuse, une voisine est vendue à une maison de geishas), mais qu'elle vaut d'être vécue malgré tout. Les histoires de monstres que lui raconte NonNonBâ, mais aussi son imagination débordante dans ce domaine lui permettent d'échapper un instant à une réalité souvent impitoyable et de mieux l'accepter.
Avec une approche tout aussi poétique mais un graphisme peut-être un peu moins travaillé, Igarashi Daisuke nous transporte dans l'univers de sorcières aux différentes origines et aux envoûtements tout aussi variés. C'est un pur moment de bonheur que de plonger dans ce monde étrange qui n'a rien de repoussant bien au contraire. Ce n'est pas le cas d'Emerging de Hokazono Masaya, un manga catastrophe où l'on voit Tokyo frappée par une terrible maladie contagieuse. Mené d'une main de maître, ce récit est halletant et soulève de nombreuses questions quant au rapport de l'homme à la nature. Il met en évidence les conséquences terribles qui découlent de la rupture du lien entre l'homme et la nature. C'est aussi l'approche adoptée par Tezuka Osamu qui décrit le jour où les oiseaux fatigués d'être opprimés par les hommes se révoltent et s'imposent à l'humanité qui finit par quasiment disparaître
C. L.
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NonNonBâ de Mizuki Shigeru,
éd. Cornélius, 29€.

Majo - Sorcières de Igarashi Daisuke, éd. Casterman, 9,95€.

Emerging de Hokazono Masaya,
éd. Kurokawa, 7,50€.

Demain les oiseaux de Tezuka Osamu, éd. Delcourt, 10,50€. |
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A Tokyo : MANGA SOCIAL
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Société de plus en plus cosmopolite, le Japon éprouve néanmoins de nombreuses difficultés à gérer la présence d'étrangers sur son sol. Les journaux rapportent souvent des affaires mettant en lumière la rigidité nippone face à cette situation. Voilà pourquoi Sugimura Shin'ichi au dessin et Richard Woo au scénario ont imaginé Diaspolice, un manga des plus originaux dans lequel ils imaginent la constitution d'une administration parallèle susceptible de gérer les problèmes auxquels sont confrontés les quelque 150 000 étrangers en situation irrégulière présents dans la capitale japonaise. Parfaitement maîtrisée, cette histoire appartient à cette catégorie de manga d'intérêt public. Même si les auteurs assurent qu'il s'agit d'une fiction, on peut lire à travers les lignes et les traits des personnages la volonté de montrer aux Japonais (absents de l'histoire) l'existence d'un véritable problème dans la société. Afin d'éviter la création d'une fracture sociale, il serait temps pour la société nippone de prendre en compte tous ceux et toutes celles qui vivent en marge. C. L.
Diaspolice de Sugimura Shin'ichi et Richard Woo, série en cours, 3 volumes parus, éd. Kôdansha |
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