Lorsque Toyota a présenté pour la première fois son modèle hybride Prius en 1997, bon nombre de spécialistes du secteur automobile n'avaient pas caché leur scepticisme. Certains s'étaient même moqués du constructeur japonais, jugeant cette idée difficile à vendre aux consommateurs. Il est vrai qu'à l'époque les cours du baril de pétrole n'avaient pas atteint les niveaux enregistrés depuis 2005 et que le principe de rouler propre n'était pas encore dans tous les esprits. Toyota n'a pourtant pas renoncé à produire ce véhicule, anticipant un changement profond des modes de vie liés non seulement à une prise de conscience environnementale d'une partie des automobilistes mais aussi et surtout à une augmentation annoncée des prix du pétrole. Le lancement de la Prius a devancé d'une année la signature du protocole de Kyoto, en 1998, dont l'un des principaux objectifs était de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Japon, instigateur de ce projet, se devait de donner l'exemple, d'autant plus que, dépourvu de matières premières, le pays avait aussi intérêt à promouvoir des véhicules susceptibles de rouler avec le moins de carburant fossile possible. Pour le constructeur japonais, la voiture hybride représentait un défi technologique et un défi économique dans la mesure où il devait faire la preuve que la production d'un tel modèle ne risquait pas de compromettre les comptes de l'entreprise. Parmi ses concurrents, au premier rang desquels le géant américain General Motors, on mettait en doute les bénéfices qu'elle pourrait en tirer. Près de dix ans après sa première apparition, la Prius a montré que Toyota avait vu juste. Non seulement, le modèle se vend plutôt bien, mais il est désormais devenu une référence dans le monde automobile. Les autres constructeurs japonais se sont également lancés dans l'aventure. Honda propose désormais de nombreux modèles hybrides, ce qui lui a permis de renforcer ses positions, notamment aux Etats-Unis où les consommateurs sont de plus en plus sensibles au discours écologiste et à l'augmentation des prix du pétrole. Avec le temps, il est devenu indispensable de montrer son engagement en faveur de l'environnement. Dans les séries télévisées américaines, les héros conduisent désormais des véhicules hybrides, ce qui ne manque évidemment pas d'influencer les téléspectateurs. En 2005, ce sont quelque 250 000 Prius qui ont été écoulées dans le monde et en 2006, le seuil des 400 000 unités sera sans doute franchi.
Maintenant que nous sommes certains de l'épuisement des réserves pétrolières d'ici une cinquantaine d'années et que l'activité humaine est responsable en grande partie du réchauffement climatique, les constructeurs automobiles doivent imaginer de nouveaux véhicules moins gourmands et moins polluants. Grâce à l'avance prise dans l'étude et l'application des moteurs hybrides, les Japonais disposent d'une avance certaine sur la plupart de leurs homologues occidentaux même si ceux-ci redoublent d'efforts pour combler leur retard en la matière. L'enjeu est d'importance puisqu'on estime que le marché des véhicules hybrides représentera environ 25 % des voitures en circulation en 2015. Parmi les domaines que les constructeurs explorent, il y a les automobiles à pile à combustible dont plusieurs modèles expérimentaux circulent actuellement sur les routes nippones. Les premières ventes ne sont prévues que pour 2010, mais le programme bénéficie du soutien actif des pouvoirs publics. L'ancien Premier ministre Koizumi Junichirô, qui a beaucoup incité les Japonais à être plus écolos, a déclaré qu'il espérait voir 5 millions de véhicules de ce type au Japon d’ici 2020. Il a été remplacé dans ses fonctions en septembre, mais il ne fait guère de doute que son successeur continuera à soutenir les projets de cette nature. Il y va bien sûr de la dépendance du Japon à l'égard du pétrole, mais il est surtout primordial que les industriels nippons continuent à démontrer leur capacité d'innovation dans un secteur aussi concurrentiel que l'automobile. En attendant de pouvoir conduire des véhicules totalement propres, les constructeurs japonais vont poursuivre leurs efforts dans le développement de moteurs émettant le moins possible de gaz à effet de serre. C'est un enjeu considérable pour eux, car leur maîtrise technologique leur garantira de pouvoir survivre dans un monde où l'on compte de plus en plus de constructeurs pour un marché qui n'en a pas besoin d'autant. A bon entendeur, salut.
C. L. |

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| A côté, la voiture de James Bond, c'est de la rigolade |
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Si la plupart des cités japonaises ont accordé aux réseaux ferrés une place prédominante, permettant aux habitants de se déplacer facilement et d'arriver sur leur lieu de travail avec une ponctualité digne des rois, elles ont dû bon an mal an s'adapter au monde "moderne" et accordé de plus en plus d'espace au bitume pour que les voitures, plus nombreuses chaque jour, puissent circuler. Circuler est un bien grand mot si l'on observe l'état quotidien des routes et autoroutes dans les villes et autour d'elles. Prendre son véhicule pour aller travailler ou pour aller faire une course relève presque d'un acte de folie. En tout cas, il ne faut pas être pressé sinon vos nerfs risquent d'en prendre un sérieux coup. Cela est vrai en semaine et aussi le week-end quand vous prend une envie soudaine d'aller faire des achats dans l'un des nombreux centres commerciaux disponibles au cœur et autour des villes. Outre les longues minutes passées à attendre que les voitures devant vous se décident à avancer, vous devez savoir que vous passerez aussi de longs moments à patienter avant qu'un charmant individu en uniforme muni d'un baton rouge et/ou d'un sifflet vous invite à pénétrer dans le parking. Voilà pourquoi les voitures japonaises sont aussi confortables. Elles ont été conçues pour que l'automobiliste et ses passagers prennent leur mal en patience de la façon la plus agréable possible. Voilà pourquoi également, les automobiles au Japon sont équipées de gadgets en tout genre qui font du véhicule une espèce de second chez soi. En dehors des porte-gobelets (devenus aussi courants en Europe qu'au Japon) indispensables pour apaiser la soif du conducteur parti de chez lui depuis de longues heures, les voitures disposent souvent d'un téléviseur (la technologie évoluant il s'agit maintenant d'écrans haute définition), d'un GPS (les noms de rue sont rares au Japon) et de bien d'autres produits technologiques qui relèguent la voiture de James Bond au rang d'objet ringard. La seule différence avec le véhicule du célèbre 007 l'absence de lance-missile ou autre mitraillette. Même si l'envie de tirer sur le véhicule placé devant lui et qui refuse obstinément d'avancer lui traverse parfois l'esprit, le Japonais est courtois au volant. Il préfèrera couper son moteur, allumer sa télévision ou se passer un DVD, en attendant de pouvoir arriver à bon port.
C. L. |
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