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| Cinémax : RETOUR SUR NARUSE MIKIO, LE "QUATRIÈME GRAND" | ||||||||||
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| DVD : UNE BELLE BALLADE AVEC KINOSHITA | ||||||||||
Bien moins célèbre que le remake de 1983 qui a valu à son auteur, le défunt Imamura Shôhei, la Palme d'or au festival de Cannes, cette première version de La Ballade de Narayama (Narayama Bushikô) signée Kinoshita Keisuke est pourtant une uvre extraordinaire. Réalisé en 1958, ce film se présente comme une adaptation filmée d'une pièce de kabuki avec sa musique de jôruri et ses décors stylisés dont les couleurs donnent une impression de mystère. L'histoire se déroule dans un petit village de montagne miséreux où une tradition veut que les vieillards ayant atteint l'âge de 70 ans soient emmenés dans la montagne par un proche pour y être abandonnés. La pénurie de nourriture est telle que cette règle est acceptée par la plupart des personnes visées, en particulier par la vieille Orin (interprétée par la géniale Tanaka Kinuyo) qui considère ce moment comme une sorte de délivrance. Elle sait qu'elle doit céder sa place et elle encourage son fils à la conduire au sommet du mont Nara. Le périple sur le dos de son fils est un moment extraordinaire tout comme l'univers de mort décrit par Kinoshita et sa caméra. Le réalisateur prend une certaine distance avec la mort pourtant omniprésente avec tous les os éparpillés le long du chemin. C'est une chance que MK2, fidèle à sa mission de défense du cinéma de qualité, ait décidé de sortir ce DVD accompagné de nombreux bonus parmi lesquels une analyse comparée entre la version de Kinoshita et celle d'Imamura. Un must.Claude Leblanc La Ballade de Narayama, de Kinoshita Keisuke, éd. MK2 Vidéo, 2006, 24,90e. |
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On pourra donc (re)découvrir l'essentiel de l'uvre de Naruse (qui a tourné pas moins de 87 films), de la période des superbes mélos muets à la Shôchiku (Après notre séparation (Kimi to wakarete, 1933), et du début du Parlant à PCL (ancêtre de la Tôhô), tel Ma femme, sois comme une rose, (Tsuma yo bara no yô ni, 1935), un de ses plus beaux films, jusqu'aux chefs-d'uvre des années 1950, avec le très célèbre Nuages Flottants (Ukigumo, 1955), mais aussi Le Repas (Meshi, 1951), et Nuages d'été (Iwashi gumo, 1958, en scope-couleurs), trois films que les cinémas Action ont la bonne idée de ressortir début novembre.
Bien moins célèbre que le remake de 1983 qui a valu à son auteur, le défunt Imamura Shôhei, la Palme d'or au festival de Cannes, cette première version de La Ballade de Narayama (Narayama Bushikô) signée Kinoshita Keisuke est pourtant une uvre extraordinaire. Réalisé en 1958, ce film se présente comme une adaptation filmée d'une pièce de kabuki avec sa musique de jôruri et ses décors stylisés dont les couleurs donnent une impression de mystère. L'histoire se déroule dans un petit village de montagne miséreux où une tradition veut que les vieillards ayant atteint l'âge de 70 ans soient emmenés dans la montagne par un proche pour y être abandonnés. La pénurie de nourriture est telle que cette règle est acceptée par la plupart des personnes visées, en particulier par la vieille Orin (interprétée par la géniale Tanaka Kinuyo) qui considère ce moment comme une sorte de délivrance. Elle sait qu'elle doit céder sa place et elle encourage son fils à la conduire au sommet du mont Nara. Le périple sur le dos de son fils est un moment extraordinaire tout comme l'univers de mort décrit par Kinoshita et sa caméra. Le réalisateur prend une certaine distance avec la mort pourtant omniprésente avec tous les os éparpillés le long du chemin. C'est une chance que MK2, fidèle à sa mission de défense du cinéma de qualité, ait décidé de sortir ce DVD accompagné de nombreux bonus parmi lesquels une analyse comparée entre la version de Kinoshita et celle d'Imamura. Un must.