Parmi tous les artistes que compte la scène musicale japonaise, en voici quelques uns à découvrir.
Harakami Rei est le prince de la techno et de l'electronica au Japon. Elégante et unique, sa musique ne laisse pas indifférent. Il a su au fil des années de bâtir une solide réputation, en assurant notamment la production de certains artistes comme UA. Il n'est pas facile d'expliquer sa musique, mais elle procure de belles sensations. Ecouter un morceau signé Harakami, c'est comme se balader dans un paysage d'ombre et de lumière, apaisant pour l'auditeur. Fraîcheur et beauté des mélodies, Harakami a su construire un univers musical particulier fait de lui l'un des musiciens les plus intéressants du moment. Dans son dernier opus Wasuremono (choses oubliées), on retrouve toutes ces atmosphères.
Venue d'Okinawa et engagée en faveur de la protection de son île natale, Cocco est une auteure-interprète qui impose le respect. Après plusieurs années de silence dus à des problèmes de santé, Cocco revient aujourd'hui avec un nouvel album dans lequel elle donne le meilleur d'elle-même. En 2005, elle avait fait un premier retour remarqué avec Singer Songer, elle confirme cette année avec Zansaian où elle exprime de façon positive tous ses sentiments. Dans ses compositions, c'est la vie qui domine tout le reste. Le rythme est entraînant et l'on ressent tout le plaisir que l'artiste a pris pour réaliser cet album.
Une autre interprète, Hajime Chitose, vient de faire un come-back pour le moins remarquable. Après près de trois ans de silence pour cause de mariage et de maternité, la jeune femme offre un nouvel album, Hanada iro (bleu saphir) qui traduit son engagement en faveur de la paix dans le monde et de la protection de la terre. Dès son premier album Wadatsumi no ki, en 2002, elle avait montré une certaine sensibilité à l'égard de ces sujets. Dans son nouvel album, elle aborde aussi bien la question du clonage que celle de la paix avec une chanson produite par Sakamoto Ryûichi Shinda onna no ko (la fille morte) qu'elle avait dévoilé, en août 2005, lorsqu'elle avait participé aux cérémonies commémoratives du bombardement atomique de Hiroshima. Sa participation à cet événement l'a visiblement marquée et on retrouve dans ce disque toute la force de cet engagement au travers de sa voix unique. Car Hajime Chitose possède avant tout une très grande voix au travers de laquelle elle transmet toutes sortes d'émotions. Nul doute que son disque figurera parmi les meilleures ventes de l'année 2006.
Autre valeur sûre de la pop japonaise, Bonnie Pink qui revient en force avec Love is bubble. La jeune femme, qui avait été l'une des premières artistes à proposer des textes en anglais et en japonais, s'affirme ici avec le générique d'un film qui n'est pas encore sorti sur les écrans. Alors que de nombreux artistes ont eu besoin du soutien de la télévision ou du cinéma pour imposer leurs chansons auprès du public, Bonnie Pink montre qu'elle peut s'en passer et même sortir son disque avant même que le film n'envahisse les salles obscures.
Que dire de Matsutôya Yumi qui demeure l'une des meilleures artistes du pays. Elle a derrière elle une très longue carrière. Après une petite traversée du désert, dans les années 1990, elle est revenue l'an dernier avec un titre interprété avec d'autres artistes asiatiques. C'était une façon pour elle de marquer son désir de voir le Japon sortir d'un isolement qu'elle jugeait dangereux. Avec A Girl in summer, celle que les Japonais connaissent sous le sobriquet de Yuming apporte une nouvelle fois la démonstration de son grand talent. Les fans ne seront pas déçus car ils retrouveront tout ce qui a contribué à son succès. Des mélodies qui traduisent une grande maîtrise et une voix toujours aussi puissante et émouvante.
Monkey Majik est un groupe originaire de Sendai, au nord de l'Archipel. Il vient de faire paraître un premier album intitulé Thank you qui conclut un début d'année remarqué. Après Fly et Around the world, générique d'un programme de la chaîne Fuji TV, Monkey Majik montre que les artistes japonais ont parfaitement intégré la musique hiphop, même si le groupe se présente comme une formation classique. La présence en son sein de deux Canadiens illustre aussi l'internationalisation de la scène musicale japonaise qui non seulement s'inspire des rythmes extérieurs mais incite de plus en plus de musiciens étrangers à venir tenter l'aventure. C'est d'autant plus intéressant que cela enrichit considérablement les artistes locaux qui trouvent de nouveaux moyens de s'exprimer.
Les nouvelles expériences sont aussi tentées par des musiciens depuis longtemps dans le circuit, mais qui ont décidé d'explorer de nouvelles voies. C'est le cas notamment de Nakakô, ancien membre du mythique groupe Super Car qui s'est séparé en 2005. Sous le nom de iLL, l'artiste a surpris nombre de ses fans, en sortant un album très électronique dont les compositions ne ressemblent en rien à ses productions antérieures. Et si certains peuvent regretter sa "légèreté", d'autres sauront apprécier la remise en cause et le désir de se projeter dans une autre dimension.
Enfin, on peut terminer par l'album de Clammbon intitulé Lover album qui peut être la synthèse de tous les artistes évoqués ci-dessus. Dans cet album de reprises, Clammbon revisite le répertoires d'artistes japonais comme Yano Akiko ou Super Butter Dog et de groupes occidentaux comme The Band ou Bow Wow Wow. Pourtant en écoutant ce disque, l'impression qui s'en dégage n'est pas celle d'un énième album d'hommage à des artistes connus, mais bien celle de se trouver en face d'un disque original qui souligne tout le savoir-faire et toute la maîtrise de musiciens qui ont compris toute l'importance de faire preuve de créativité même lorsqu'on en est réduit à reprendre le travail des autres.
C. L. |
Harakami Rei

Cocco

Matsutoya Yumi

Bonnie Pink

iLL

Monkey Majik

Clammbon

Hajime Chitose |